Le Monde versus Oops

Publié le par arille

Au niveau des dimensions, Le Monde est plus grand mais il est plus léger. Il est plus tristounet, dans le genre allons à l'essentiel, la couleur est un détail. Il aime montrer des photos d'hommes vrais, c'est à dire de gens morts.  Oops aussi peut parler des morts mais il préfère les vivants, de préférence avec des culottes, des cellulites et des cernes, de préférence avec des bleus, des alcoolémies, des boulimies, et beaucoup de cheveux.


Les gens achètent-ils Le Monde pour le lire ? Il semble que Le Monde soit plutôt fait pour être posé sur le bureau des chefs bien proprement, ou pour être transporté de la main gauche, ou mieux, glissé dans la poche extérieure d’un sac. Car soyons sérieux, qui peut lire Le Monde sans s’endormir dessus ? Je vous prends la couverture d’hier et vous sors des mots au hasard : casse-tête, taxe, fiscal, homicides, tortures, intimidations, barreaux, forces, locaux, Chinois, alcool, cancer. Les mots pris au hasard de la couverture d’Oops sont plus chouettes : sexe, choc, stars, bikinis, manque.

 

Page 3, Le Monde qui peine à remplir ses vingt pages ressort un article de 1959 et écrit quelques petits commentaires dessus avec des petits numéros en couleur pour qu’on s’y retrouve sur un sujet qui doit intéresser deux personnes en France (un vieux syndicat allemand). C’est un peu facile, d’autant que l’idée du vieil article, il nous le fait depuis bien longtemps dans un article carré de quatrième de couv.

 

Question quatrième de couverture, Oops vend la sienne à un annonceur, Educatel, qui propose 90 formations (les sots, ils auraient pu aller jusqu’à 100). Les deux formations du haut sont : secrétaire médicale et initiation à la psychologie. Le premier métier est à gerber et la deuxième formation pourrait être aisément économisée en lisant quelques livres par ci par là. Mais les jeunes femmes studieuses et rousses des photos font un bel ensemble d’automne, il n’y manque que des écureuils et des noisettes. Dans sa dernière page, Le Monde fait à peine un peu mieux : la moitié de la page à un annonceur, Le Monde voyages, qui nous propose la Chine en octobre à partir de 3 480€, le courrier d’un vieux lecteur ronchon auquel on ne comprend rien sinon qu’il n’est pas content. Il termine sa lettre ainsi : « je plaide pour un retour à la raison, c'est-à-dire aux comportements responsables et au respect de la légalité, sans laquelle il est difficile de faire vivre le contrat social. » On peut aussi y lire une énigme et y répondre dans Lemonde.fr. Déjà que ça coûte 1,40€, il faut encore se connecter. Par contre, le restant de la page est occupé par un article tiré du web de deux personnes qui font le tour du Monde en vélo en 80 jours, mais comme ils prennent l’avion c’est assez bidonné.

 

Au-dedans de Le Monde, on apprend peu ; le repos prescrit pour notre président à grande vitesse (relatif), la réforme des collectivités territoriales (délicate). En page 2 on voit que Le Monde n’a pas renoncé à son article d’il y a 50 ans (sur la violence adolescente, un sujet toujours apprécié par les vieux). Les pages culture ne sont pas désagréables à lire par contre.

 

Au-dedans d’Oops, on peut voir des seins égarés (il pleuvait sur une robe très jolie), on peut apprendre que le motif panthère sur un tee-shirt est très très mode (enfin, ça l’était cette semaine) et ça tombe bien parce qu’il y en des pas chers partout, quelle chance. On peut aussi apprendre comment s’habiller pour pas cher comme si c’était cher. L’humour d’Oops est pitoyable. Oops se réjouit de l’acné de Cameron Diaz, de la prise de poids de Wentworth Miller (le beau gosse de la série Prison Breacks), on y apprend que Secret Story est bidonné (sans blague ?). On peut aussi apprendre sur trois pages rigolotes ce qu’est une IST.

 

Voilà, je crois que Oops et Le Monde se valent. Le même néant pour le prix d'un café.

 

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J
BRAD a eu l'amabilité de me passer un numéro de Oops car je ne connaissais pas.<br /> Pour essayer de me définir ce à quoi je pouvais m'attendre, il me précisa qu'il s'agissait de people pris dans des postures défavorables qui portaient la main à la bouche et faisaient "Oops".<br /> <br /> j'ai lu et et j'ai compris qu'il ne s'agissait pas d'informations fondamentales mais d'informations fondementales.<br /> C'est pourquoi en lisant Oops je ne porte pas la main à la bouche... si vous voyez ce que je veux dire.
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