Cherchez l'erreur
J’ai un talent discutable. Je vois toujours immédiatement, dans le travail, ce qui ne va pas. Si bien que je suis une sorte de cherchez l’erreur sur pattes. On me consulte de loin : de Rodez à Foix, D’Auch à Montauban, Cahors, Albi ou Tarbes…
Je suis la hantise des formateurs parisiens dont je suis obligée de relever les fautes grossières. Si seulement je pouvais la fermer ! Mais c’est comme j’étais possédée, il faut toujours que l’erreur soit fortement dénoncée par ma bouche. J’ai toutes sortes de bonnes justifications pour cela : gain de temps, logique, justesse des mots et des chiffres. Mais je rêve d’un état plus banal qui me laisserait indifférente devant d’énormes fautes. J’y travaille, je progresse.
Lundi, deux vieilles dames devant moi se demandaient quel jour on était. « On est mardi ! » Affirma celle de droite. « Oui ! » Dit celle de gauche. Je me tenais juste derrière elles : j’aurais pu aisément les détromper, mais j’ai juste souri en les laissant s’éloigner dans l’erreur d’un jour. Des fois, je m’épate.