Pourquoi il ne faut pas parler affaires au restaurant.





Parce que je peux écouter, et comme je le raconte ensuite…
A la pizzeria les deux hommes d’à côté parlent de leurs projets. Le plus jeune est un homme d’idées, et on pourrait faire ci, et on pourrait faire ça, et j’ai pensé à du vert vif pour le parfum pomme et du vert pour la menthe…L’autre homme, la quarantaine élégante, semble en accord avec la jeune génération. Il n’a pas d’idées lui mais on sent qu’il a le pouvoir de dire non. Monsieur 100 idées replie un bout de nappe et se met à crayonner derrière.
Mais les deux acharnés du boulot en sont au café et les voilà prêts à partir. C’est alors que monsieur 100 idées se livre à une valse hésitation. Il raye d’abord un nom sur la nappe, puis il replie la replie, cachant ses griffonnages, fait mine de partir, se retourne vers la nappe encore puis semble à nouveau s’en aller, ce qu’il fait non sans regarder une dernière fois l’endroit où la nappe a été pliée.
C’est alors que j’entre en action en déchirant vivement la nappe. J’arrive à lire le nom rayé : Tpoons. Et j’imagine le produit comme une cuillère préremplie qui libère son arôme quand on la plonge dans l’eau chaude. Un thé à la cuillère !
Voilà pourquoi il ne faut pas parler affaires au restaurant, ou alors il faut prendre la nappe en partant et liquider tous les témoins. Maintenant pour Tpoons, tout le monde le sait, c’est malin !