Les monologues
Je suis allée voir les monologues du vagin pour la première fois et je suis très perplexe parce que cette pièce, présentée comme le sommet du féminisme, pose tout de même un problème. On prétend appeler les choses par leur nom mais ce qu'on appelle vagin dans la pièce d'Eve Ensler créée en 1996 n'est pas le vagin mais le sexe de la femme en entier. Ce n'est pas un détail parce que c'est le sujet central de la pièce.
C'est gênant parce que les femmes interrogées sur leur sexualité ne parlent pas que de leur vagin. Par exemple, une femme parle des poils. Dans la pièce la transposition française donne : "mon mari n'aime pas les vagins poilus". Que je sache, le vagin n'est pas poilu, pas plus que le pénis ! Il y a aussi quelques contresens tout à fait idiots quand les comédiennes déroulent la litanie des prétendus synonymes du vagin, parce que bonbon ou cerise n'ont jamais désigné le vagin.
Quand on décide d'appeler une chatte une chatte, il faut le faire bien. C'est pourquoi je trouve les monologues décevants, même si les comédiennes sont bien et qu'on rit à l'évocation de l'horrible bec de canard glacé des gynécologues, aux souvenirs d'amour de femmes âgées ou jeunettes ou aux divertissants gémissements de plaisir des dames.