Pour une politique des neveux
Je suis contre l’enfant unique qui fait disparaître, malgré lui, les neveux. Sans frères et sœurs en effet, pas de possibilité de neveux. Et je suis pour les neveux. L’idéal est d’en avoir au moins trois comme Donald.
Tout d’abord il faut savoir que les neveux encaissent remarquablement, c’est l’avantage. On peut les faire marcher, répondre à leurs indiscrètes questions sans craindre de les démoraliser. Après tout, s’ils font des cauchemars, ils iront ensuite pleurer chez papa maman.
Le mode d’emploi : avant d’embarquer les neveux, il faut avoir des plans. Sans quoi on va à la catastrophe. Peu importe le plan, il faut les fatiguer. Si possible les salir et leur donner des ampoules aux pieds. Sans quoi ils ne garderaient pas un aussi bon souvenir. En revanche il faut penser à les nourrir et à les faire boire très souvent. Comme c’est logique, il faut aussi qu’ils pissent environ toutes les demi-heures.
On n’exige pas de ses neveux qu’ils soient polis ou propres : c’est l’exigence des parents. On peut donc se reconnaître en ses neveux sans contrainte, on peut leur parler de la vie sans cette sournoise manipulation qui dort en chaque parent. On peut leur montrer aussi un visage moins parfait, plus effrayant. On traite d’égal à égal avec ses neveux. C’est pourquoi il faut garder l’initiative, sinon on est cuit. Et on se retrouve à les surveiller pendant qu'ils jouent dans les jeux d'un fast-food.