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culture et confiture

Vendredi 1 mars 2013 5 01 /03 /Mars /2013 08:10

Plutôt que de parler d'un livre que je ne lirai pas, j'aimerais partager une belle histoire d'Alphonse Allais avec vous. Savourez...

 

 


Par arille - Publié dans : culture et confiture
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Mardi 29 janvier 2013 2 29 /01 /Jan /2013 22:11

Concours de nouvelles, défis d'écrits courts, allez voir le nouveau blog d'Ernesta Hemm !!!

Par arille - Publié dans : culture et confiture
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Dimanche 27 janvier 2013 7 27 /01 /Jan /2013 20:16

Cinquante nuances de Grey, c'est le renouveau du la bluette, le Harlequin des années 2000. Si le jeune premier (Monsieur Grey) a des tendances sadiques, ce n'est pas par perversion. Le pauvre chéri a été torturé quand il était petit. Du reste il a tellement d'autres qualités que le tableau est loin d'être crédible : il est beau, jeune (27 ans et toutes ses dents), riche à en crever, attentionné, monogame, plein d'attentions, généreux, et son principe viril est toujours prêt... Même après l'amour, laissez-le juste le temps de se passer la main dans ses cheveux et hop, ça le reprend.

 

Quant à la jeune première, elle est jeune, innocente, elle sent bon, elle est franche, pas vénale pour un sou, et elle n'a pas de tendances maso... Vous voyez le topo ? Le tome 1 (500 pages) détaille le conflit. Il veut la fouetter, elle préfère pas. Faire 500 pages là-dessus, c'est déjà un exploit. Surtout qu'à part les deux personnages principaux, les autres personnages sont fallots. Il y a un majordome qui supporte avec bonhommie la mauvaise humeur de son patron, il s'appelle Taylor et il n'est pas aussi riche que son patron, les autres personnages n'existent tout simplement pas.

Le vocabulaire est pauvre, vous n'attraperez pas une migraine en lisant ce livre. Mais il faut avouer que cela fonctionne, les pages se tournent presque toutes seules. Si vous voulez des détails croustillants cependant, je pense que mêmes les personnes vierges n'apprendront rien. Et la seule question que pose ces nombreuses pages est : que doit-on accepter par amour ? La longueur du livre rend vite particulièrement énervant les tics d'écriture comme l'invention de la fameuse "déesse intérieure" de l'héroïne qui "pirouette", "sautille de joie", fait un double saut périlleux avant" dès que le jeune premier fait des avances à sa belle, toutes les deux pages... Ridicule et crispant.

 

Autre défaut majeur, le livre est totalement dénué d'humour. A moins que l'humour, ce soit les "putains", "bordel" et autres mots charmants que l'héroïne se prononce dans sa petite tête quand son Grey lui dit des choses cochonnes. C'est un humour à base de gros mots, mais bordel de putain, je ne vois pas ce qui est drôle là-dedans.

 

Voilà, je vous laisse car, malheureusement pour mon emploi du temps loisirs et hobby chargé, j'ai commencé le tome 2. Le premier conflit a été résolu, mais les ex de Monsieur Grey se baladent partout et la belle est toute énervée. Putain ! Bordel ! Monsieur Grey lui a montré en détail toutes ses cicatrices et berk je le vois maintenant comme une sorte de gruyère humain. Mais quand il faut y aller, il faut y aller !

 

Par arille - Publié dans : culture et confiture
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Dimanche 28 octobre 2012 7 28 /10 /Oct /2012 19:26

Je viens de lire un livre encore plus incroyable que la conjuration des imbéciles.

 

Je ressens quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis que toute petite, je me posais mille questions sur les personnages de films ou de livres que je trouvais bien plus réels et palpitants que (j'ai honte) des personnes de chair et d'os. Mais d'une certaine façon, c'est tout à fait logique. En effet, le personnage nous est montré par tous ses aspects les plus secrets, les plus attachants. Même si c'est un salopard, l'auteur peut nous le rendre sensible. Dans la vie, au contraire, les gens passent leur temps à éviter de montrer leurs émotions.

 

Me voilà, à la fin de ce livre extraordinaire, toute triste d'avoir fini ce livre, de ne plus avoir rien à connaître du personnage principal si fascinant, triste d'apprendre que l'auteur n'a publié que trois livres et qu'il semble que j'ai lu son meilleur. Enfin terriblement triste d'apprendre que ce jeune auteur, aussi bon que Faulkner pour moi, s'est suicidé il y a quelques années, dans sa trentaine. Le seigneurs des porcheries a été refusé par plus de soixante-dix éditeurs américains. C'est stupéfiant. La qualité de l'écriture extrêmement visuelle de Tristan Egolf est pourtant évidente et lumineuse. Sans parler du fonds, de l'inventivité et de la cohérence totale des situations.

 

Chapeau Monsieur Egolf.

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Mercredi 12 septembre 2012 3 12 /09 /Sep /2012 06:36

Y a-t-il une vertu à lire de mauvais livres ? Pourquoi s'obstiner quand tous les indicateurs sont au rouge pour indiquer le navet littéraire ? C'est une question que je me pose souvent quand j'entends mes collègues raconter qu'elles ont "galéré" pour terminer tel ou tel livre. Aucune obligation ne les y pousse, aucune maîtresse d'école ni examen à passer, et elles n'ont même pas acheté le livre qu'elles ont emprunté à la bibliothèque. Est-ce admirable ou idiot ?

 

Je me suis moi-même forcée cependant à lire un livre d'un auteur dont je me refuse à donner le nom parce que je refuse de lui faire la moindre publicité. Appelons-le l'impétrant, cela lui va comme un gant. Il n'hésite pas à afficher sa prétention, sa pédanterie et au delà de son racisme, son incapacité à tenir compte de l'autre. Présenté comme un éditeur exceptionnel, l'impétrant édite à tour de bras ses propres livres, mais la maison d'édition dans laquelle il travaille n'a pourtant pas publié ses derniers cacas. Me voilà donc le livre de l'anti-Handke en main.

 

L'impétrant se prend pour Proust mais il peine dans la durée. Ce serait un Proust qui ne pourrait écrire que des phrases de quinze mots dans des livres courts. Donc cela ne marche pas, d'autant plus que l'oeuvre de Proust parle essentiellement d'amour quand l'impétrant ne parle que de lui. Je ne citerai qu'une phrase de l'impétrant :

 

"Les plus vives larmes m'émeuvent moins que le sang qui chaque moi coule aux cuisses des jeunes femmes."

 

Sans doute n'en manque-t-il pas une. Dès qu'une jeune femme saigne comme il dit, il va s'émouvoir à regarder son sang couler. C'est un spectacle émouvant, une performance à la fois unique et régulière (tous les mois). Imaginez : quelques jeunes femmes sur la place, cuisses nues de façon à nous émouvoir, immobiles. Seul le sang coule. Oh, il atteint le genou !!!! Oh la cheville !!!! On pourrait appeler cela le printemps des ragnagnas ou le marathon des ours.

 

Je continue ma lecture. L'impétrant se pique d'être musicien et de déchiffrer les partitions avec une grande facilité. Le voilà se lançant un défi à lui-même : apprendre des oeuvres de Fauré. Et pendant dix ans il va en apprendre dix. Pour quelqu'un qui déchiffre vite, ce n'est pas extraordinaire non plus, mais bon. Mais le plus curieux est là : il n'écoutera (dit-il) pendant ces dix ans aucune autre interprétation de ces oeuvres que la sienne. Là les bras m'en tombent. S'il y a bien un domaine où il est utile pour progresser de se confronter à d'autres interprétations, c'est bien la musique, ne serait-ce que pour vérifier qu'on n'a pas fait d'erreur de déchiffrage, qu'on a bien le bon rythme, ou qu'on peut jouer avec d'autres. L'impétrant argue que cela aurait détruit l'intimité qui se développait entre l'auteur et l'interprète. La préférence pour soi-même est toujours au centre. C'est stupéfiant.

 

Dans un chapitre qu'il nomme "Sangs", il laisse entendre qu'une femme qu'il a quittée "avait fait couler, de ses poignets, un sang très pur". Quelle émotion !!! Quel secret à partager tout en faisant le mystérieux et en se débrouillant bien pour qu'on comprenne qu'il est de ces types qui valent suicide ou tentative de.

 

Sur ses ignorances, l'impétrant a une théorie. Il ne les avoue pas avec humilité, il les revendique avec morgue et les justifie. S'il ne connaît pas plus de dix noms de fleurs, c'est que le monde lui sied plus ainsi sans cette complication. L'impétrant reconstruit le monde à travers ses manques. Quand on lui reproche son racisme, il se plaint de vivre dans une époque à la pensée unique anti-raciste. Le pauvre.

 

Il évoque dans ses pages ses pensées suicidaires. C'est un mystère aussi spontané que peut l'être une pièce montée, et aussi indigeste ; des choux et de la crème. Peut-être espère-t-il ainsi émouvoir quelque lecteur ?

 

A l'heure où j'écris cela, j'apprends que l'Express va publier des extraits et un droit de réponse de l'impétrant. Il passait pourtant pendant des années pour un éditeur exceptionnel et un auteur reconnu. Le dernier point est étonnant parce que ses livres sont mauvais. Au lieu d'être merveilleux de justesse, ils sont pitoyables de mauvaise foi. La même mauvaise foi anime l'impétrant qui feint de ne pas comprendre les raisons pour lesquels on ne veut plus le lire ni l'écouter.

 

La vraie leçon que l'on peut tirer de la lecture des mauvais livres est la chance de pouvoir choisir pour l'avenir les rencontres, les écrits et les projets les plus généreux, stimulants et justes.  

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Mardi 7 août 2012 2 07 /08 /Août /2012 21:38

L'avantage des vacances est de pouvoir visionner les DVD offerts à diverses occasions tout au long de l'année et qui attendent, bien emballés dans leur habit transparent. C'est ainsi que je suis tombée sur un petit bijou de Banksy nominé pour l'oscar 2011 du meilleur documentaire. Un bijou je vous dis ! Un film foutraque, mais aussi le truc le plus malin et drôle que j'ai pu voir qui réponde à la question toute simple "qu'est-ce que c'est qu'un artiste aujourd'hui ?"

 

Au départ, le film ne devait pas être réalisé par Banksy mais par le cousin de Space invaders, le type qui colle un peu partout dans les villes du monde entier des petites scènes faites avec des carreaux de céramique. Ce cousin, commercial génial, tenait une boutique de fringues et vendait des frippes hors de prix en prétendant qu'il s'agissait d'oeuvres de créateurs. Ce type filmait tout et a commencé à se prendre de passion pour le street art, accompagnant les artistes la nuit lorsqu'ils collaient leurs créations, prenant des risques certains, à la fois en escaladant les immeubles, mais aussi parce que l'activité de ces artistes est illégale et que artistes et cinéastes pouvaient à tout moment être considérés comme des terroristes dans un pays où on ne rigole pas avec ça...

 

Et là, après moult péripéties, le commercial génial se prend pour un artiste du street art et organise une grande exposition bizarre qui a un succès fou. Mais suffit-il de prendre des risques financiers pour être un bon artiste ? Banksy est perplexe. Il ne peut même pas reprocher à son "copain" d'avoir modifié les règles, lui qui s'affranchit des règles avec une grande liberté !!! Ce petit bijou me fait encore réfléchir. Je vous le conseille.

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Dimanche 29 juillet 2012 7 29 /07 /Juil /2012 23:20

Rien de tel qu'une grosse daube pour l'été. Je veux dire un bon nanar au cinéma ou en DVD. J'ai visionné pour vous Sucker Punch : une daube assaisonnée à point que je me fais un plaisir de vous servir.

 

Une pauvre orpheline qui vient de perdre sa maman essaie de se défendre contre les ardeurs de son beau-père (référence culturelle = Lolita ou, en plus subservif puisque là il s'agit du père et non du beau-père, Peau d'Ane). La mère n'est pas encore enterrée que le beau-père décide de se venger sur la petite soeur, moins coriace. En défendant la vertu de sa petite soeur, la blonde à couettes la descend (je répète Houston , elle TUE sa petite soeur)... Facile pour le beau-père, qui vient de prendre connaissance du testament de la mère qui laisse tout à ses filles, de faire passer la blonde pour une folle, direction hôpital pour "insane people" (référence culturelle = la maison du docteur Edwards ou Shutter island) où le projet est, puisqu'elle est si dangereuse, de la lobotomiser, mais dans trois jours pour laisser le temps au film de se tourner. Une fois qu'elle a fini de chialer, l'orpheline, dont on voit qu'elle a des capacités malgré ses couettes et son élastique autour du crâne, se transpose dans un feuilleté de fantasmes à seule fin d'échapper par l'imagination à son triste sort (référence culturelle = tous les films hors ceux d'action tournés entre 1960 et 1970 ou Inception). Fantasme 1 : elle est danseuse légère dans un bordel et chaque fois qu'elle danse, c'est si époustouflant que tout le monde est médusé et applaudit au ralenti. MAIS , et attention, suivez bien, voilà le plus beau, chaque descente dans le fantasme 1 la projette à l'aide d'un petit flocon de neige hyper mignon qui touche sa paupière dans le fantasme 2, où elle se retrouve avec quatre copines (référence cultuelle = Club des cinq ou Drôle de dames ou Kill Bill) en guerrière guidée par un gourou vieux mais bien conservé. Lequel lui donne des armes, des conseils et lui dit qu'elle doit réunir cinq objets : une clef, une carte, un couteau et un briquet (référence culturelle = le manuel des castors junior ou un rallye du Lions Club).

 

Pour ne pas heurter la sensibilité des âmes pures, les adversaires à combattre sont soit des robots soit des soldats morts que les méchants Allemands (je m'excuse pour les Allemands) ont fait revenir à la vie pour avoir plus de soldats (référence culturelle = Shakespeare ou Taram et le chaudron magique de Disney ou Kurosawa). Pour les soldats morts, quand on les sabre ça fait un petit pchitt avec un jet de vapeur. Donc la fille se bat avec son mentor et ses copines et pendant qu'elle est dans son fantasme guerrier 2, les autres sont dans le fantasme bordélique 1 et croient la voir danser (alors qu'elle se bat !!!) Ils sont médusés et cela tient peut-être à sa tenue (chaussettes montantes façon bas, jupe de cinq centimètres, haut riquiqui, couettes blondes).

 

Parenthèse : dans toute l'histoire l'héroïne se fait appeler Baby Doll, ce qui chiffonne ma logique car la référence culturelle n'est pas la bonne, elle aurait dû en effet s'appeler Lolita (référence culturelle Nabokov ou Kubrick). Bon, passons.

 

Les deux première prises se passent bien, les filles profitent de la danse/combat guerrier de Baby Doll pour voler la carte et le briquet mais tout se corse quand le tenancier du bordel s'aperçoit des vols. Il fait alors parler la plus cloche des filles qui en dénonce une autre, résultat il les abat à bout portant toutes les deux, et là personne ne se soucie des âmes sensibles. Il ne reste que deux filles maintenant car le vol du couteau se passe mal, le cuisteau balèze n'étant pas disposé à perdre son précieux instrument, la voleuse passe de vie à trépas. On y voit plus clair.

 

Parenthèse 2 : le scénario a dû être écrit par un adolescent de 13 ans et demi car c'est moitié baston moitié jeu vidéo.

 

J'abrège. Il ne vous avait pas échappé que le gourou n'avait cité que quatre objets sur les cinq. Si vous ne l'aviez pas noté, vous êtes bon pour tout relire. Sinon, le cinquième objet ou cinquième élément (réf cul = Besson ou Philip Dick), quel est-il ? La blonde a une illumination : le cinquième bidule, c'est elle-même ! Elle comprend alors qu'elle faisait partie d'un TOUT constitué de cinq objets destinés à permettre la libération d'une AUTRE blonde ! Et là, elle explique froidement que l'héroïne n'est pas elle-même, mais l'autre ! Je dois dire que l'effet de surprise est total. Le spectateur est donc un gros couillon car il croyait que l'héroïne était Baby Doll, celle qu'on voyait tout le temps et que tout le monde applaudissait au ralenti (moi quand je fais ça dans la vraie vie, c'est que je n'aime pas trop, mais on n'est pas là pour parler de moi, on a déjà fort à faire avec Baby Doll). Là, elle se sacrifie et se laisse lobotomiser (réf Q = Shutter Island ou la mort de Don Quichotte) tandis que le gourou continue dans les fantasmes engloutis à énoncer ses sagesses "Pour ceux qui se battent, la vie a une saveur que ceux qui se protègent ne connaitront jamais !" Nous avons donc une double message contradictoire. Battez-vous mesdames, mais dans l'imaginaire. Et en vrai, faîtes-vous lobotomiser. C'est une grosse daube, je vous avais prévenu.

 

On peut voir en revanche voir ces petites merveilles : Lolita en livre de Nabokov ou en DVD de Kubrick, Baby Doll, le délicieux film d'Elia Kazan, Shutter Island en livre en BD ou en DVD, ou le château de l'araignée de Kurosawa inspiré par Macbeth de Shakespeare.  

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Samedi 7 juillet 2012 6 07 /07 /Juil /2012 16:51

Je vais au théâtre voir la présentation d'élèves (des trentenaires et quadras) qui font du théâtre depuis des années. Ils sont à fond. Ils sont en groupe, se réveillent comme des poussins qui sortent de l'oeuf, c'est très mignon et assez ennuyeux. Puis le défilés des scènes commencent. Il ne s'agit pas une pièce complète mais d'une multitude de scénettes. On voit qu'ils peuvent se toucher sans problème, se jeter sur les murs, se faire des bisous à qui mieux mieux. Moi qui me demande à quoi rime tout cela, je m'ennuie terriblement. Je ne ressens pas d'émotion, je ne suis pas touchée. A peine me lance-t-on sur une piste qu'elle est aussitôt contredite par l'irruption d'autres visions. Je peine, je suis à la peine.

 

Les acteurs sont contents. Ils entrent et sortent de scène comme s'ils voulaient y être constamment, dans une compétition constante. Ils se changent de vêtements tout le temps. Les tas de fringues s'empilent par terre et sont utilisés sur scène par les acteurs. Ils sont dix et semblent encore plus nombreux du fait qu'ils se changent constamment. : une foule. Il faut leur reconnaître un dynamisme effrayant. Ils rampent, ils courent, ils crient. Au service de quoi, qui le sait ?

 

Parmi eux, de temps en temps, une figure forte apparaît, plus par sa justesse et son immobilité que par cette gesticulation constante de : la belle fille qui ne rechigne pas à montrer sa culotte, le blond ses gambettes et sa tête de haine, cet homme plus tout jeune son sourire idiot. Le spectateur n'a pas besoin de comprendre, semble-t-on nous dire. Il ne s'agit pas de comprendre. Oui, mais s'il ne ressent rien non plus, alors quoi ? Et quand enfin une structure compréhensible semble apparaître, elle est si systématique et sans mystère qu'elle assomme. Au fond, ce théâtre contemporain est bien en accord avec une époque qui se fout de se faire comprendre de l'autre du moment que l'autre lui prête ses oreilles, ses yeux et sa capacité d'admiration.

 

De quoi me dégoûter de la scène. Les autres spectateurs semblent ravis. Bravo !!! Lance un spectateur à la fin. Bravo ? De quoi ? De s'être enlacé avec les autres ? D'avoir pleuré et rit ? De n'avoir mis en scène que des structures faibles ? D'être venu sur scène puis revenus, rerevenus, rererevenus inlassablement ? Je me fait l'effet d'une vieille aigrie. Je n'ai pas respiré ou presque pendant ce spectacle en apnée. Et me voilà ratatinée. Je sors dans la rue où tout me paraît plus juste, plus intéressant, sexy, mystérieux, dense.  

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Lundi 11 juin 2012 1 11 /06 /Juin /2012 22:40

En lisant "Un pedigree" de Patrick Modiano, une autobiographie émouvante de son enfance et adolescence, j'apprends que Modanio, jeune, a lu, entre autres livres, l'ennui d'Alberto Moravia. Et je me souviens avoir vu il y a quelques années un film qui portait le même titre avec Charles Berling. Je me rends compte que le film est une adaptation du livre de Moravia.

 

Dans ce film, un professeur de philosophie (c'est un peintre dans le livre) rencontre une jeune femme dont l'ami (un vieux peintre) vient de mourir, dans le même immeuble. Le corps de cette jeune femme obsède l'homme. Il la séduit, la fait venir chez lui comme son vieil amant le faisait. Elle accepte, indifférente, de venir, se déshabille, fait l'amour, se rhabille. Plus cette histoire se poursuit et plus elle semble se dérober à l'homme, qui suit la jeune femme et découvre qu'elle le trompe, ce qu'elle ne nie pas. Alors que la jeune femme l'ennuyait, à part au moment des interludes sexuels pour lesquels il lui reconnaît un vrai talent, ce n'est plus le cas lorsqu'il la trompe. Il ne s'ennuie plus, il souffre. Possédé, il tente de s''attacher la jeune femme en lui proposant, désespérément, le mariage. Elle refuse. Pourquoi ? Il l'ennuie, dit-elle. Alors cet homme, un homme cultivé, face à une femme très jeune, inculte, presque idiote selon ses critères à lui, n'arrive pas à croire qu'il puisse être plus ennuyeux pour elle que son copain Momo, un jeune homme pour qui elle a des attentions... Il faut voir la tête de Berling quand il découvre qu'il peut être pour son joujou sexuel une source d'ennui ! Rien que pour cela, le film mérite d'être vu.

 

Au fond, même en amour, les préjugés sont là et empoisonnent tout. Il est drôle de le montrer, moins de le vivre sûrement. Modiano et Moravia, de vrais artistes, se montrent à nu devant nous. C'est rare.

 

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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 12:14

 

Nous sommes allés voir la pièce de théâtre Macbeth en famille, avec ma mère. Ma mère est une ancienne institrice de la vieille école, où l'on disait ce qui est bien, ce qui est mal, où l'on ne tournait pas autour du pot. On ne craignait pas de traumatiser l'enfant qui n'était pas là pour s'amuser.

 

Et puis on devait avoir de la tenue, se retenir de faire pipi et tout ça. Et quand on avait de la morve au nez, on devait se moucher. La chandelle au nez valait une bonne fessée.

 

Donc nous nous asseyons. J'avais choisi les places, si bien que nous étions au premier rang. J'aime voir de près, sinon autant aller au cinéma. La pièce commence. C'est une merveille dès le début. Une atmosphère prenante, des personnes si possédées qu'on doit se rappeler qu'il s'agit d'acteurs. Le tout est incarné, aucun temps mort et les acteurs ont un jeu physique, émouvant. Ils se donnent vraiment sans en rajouter. Aucun cabotinage. Du grand.

 

A un moment, Macbeth, défait, pleure et geint, à genoux. L'acteur y est. La morve lui coule du nez. Il n'a pas peur de nous offrir ce cadeau, il n'essaie pas, discrètement, d'essuyer de la manche au moins ce que sans doute ferait normalement l'homme cultivé derrière Macbeth, l'acteur. Ma mère trépigne. Elle cherche presque un kleenex à lui jeter sur la scène qui est à quelques centimètres de nous. Elle se retient de lui dire "Mouche-toi, voyons, macbeth !".  

Par arille - Publié dans : culture et confiture
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