conte

Lundi 14 septembre 2009

Trois punaises vertes sont entrées à la cuisine. Trois témoins ont attesté que les punaises ne puaient pas. C’est troublant. Bien sûr nous n’avons pas écrasé ces punaises, mais elles sont passées de mains en mains avec plus ou moins de délicatesse. Si les punaises s’appelaient sentbon, trouverait-on qu’elles embaument ?

Mimosa, le chat de gouttière qui vit sur notre paillasson depuis une éternité, cherche à entrer dans la maison.

On habiterait près de la mer, je craindrais un tsunami. L’hiver va être rude. 

Par arille
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Jeudi 26 mars 2009

Le degré zéro de la télévision m'a semblé atteint avec les télétubies. Ces personnages crétins avec une télé incrustée dans le ventre peuvent péter ou saloper leur minuscule terrier ou faire les pires cochonneries avec de la boue ou de la nourriture, voire du caca.

L'alibi des mères qui laissaient leurs enfants regarder l'émission, c'était les courts-métrages éducatifs intercalés dans ces pitreries.

Je n'ai jamais compris comment l'émission pouvait fonctionner : d'un côté les télétubies semblaient destinés à des bébés de trois quatre mois, de l'autre les documentaires destinés à des enfants de sept ans.

Il est pénible, pour des adultes, de regarder d'autres adultes revêtus de costumes de gros balourds s'agiter bêtement. Mais on ne voit aucun inconvénient à laisser des enfants passer des heures devant ces niaiseries, du moment que les gosses nous fichent la paix !

L'autre jour, j'ai découvert dans une poubelle un télétubie abandonné. Il avait l'air drogué : bel exemple pour la jeunesse !

Par arille
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Samedi 14 février 2009

Je profitais dans mon jardin du beau temps en cet après-midi du 14 février. Je m'amusais à regarder des cailloux quand je vis briller une lueur bleue que je pris d'abord pour un morceau de verre bleu. C'était une vieille bague. Une bague sortie de terre pour moi, parfaite à mon doigt.

Comme je vous le dis.


Par arille
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Mercredi 4 février 2009
Fougax et Barrineuf est une muse qui inspire les artistes. Après Beckett qui y fait une allusion dans Oh les beaux jours, Il y a eu Sébastien Lespinasse.

C'est aujourd'hui Béatrice Tor (plus connue sous le pseudo Les yeux de martien) qui vient de m'envoyer 70 pages mettant en scène les deux compères, comme elle dit. Quels deux compères ? Mais... Fougax et Barrineuf, voyons... Les premières pages sont à lire immédiatement chez Lasphrise !!!

INCROYABLE !!! A l'instant même, Yves Le Pestipon dans son site publie de nouvelles aventures de Fougax et Barrineuf écrites par Sébastien Lespinasse.... A lire ici !!!
Par arille
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Vendredi 9 janvier 2009

Depuis quelques mois que je débute l’accordéon, j’apprends à jouer des polkas, des mazurkas, des valses...

Quand je commence à posséder un air il se passe quelque chose de magique. L’air entre dans mes mains et les anime comme si je n’étais plus qu’un pantin. Et c'est alors comme si de vieux musiciens se joignaient à moi pour m’accompagner. Je n’entends pas des voix, je vous rassure, mais je comprends que je rentre dans une tradition où je ne suis plus seule, même si je suis strictement seule chez moi avec mon accordéon. L’accordéon a aussi une autre supériorité sur d’autres instruments plus snobs : son côté débrouille. Aucun protocole ne vous impose d’utiliser pour les accords et les basses quatre doigts, par exemple. Vous pouvez vous débrouiller avec trois et même deux à condition de les bouger habilement. Ça t’a un côté bordélique qui me plaît infiniment.

 

C’est très surprenant pour moi de poser mes doigts dans l’empreinte d’autres doigts et d’en comprendre la lignée humaine. C’est une expérience nouvelle, aussi passionnante qu’un voyage.

Par arille
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Lundi 15 décembre 2008

Voici le treizième et dernier épisode d'Une idiote au travail chez  Lasphrise...

 

Où il n'est pas sûr qu'il faille obéir à son chef pour garder ses amis !

Par arille
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Mercredi 10 décembre 2008

Le treizième épisode d'une idiote au travail se fait attendre chez  Lasphrise...

Dans cet épisode, je suis accusée de trahison par une amie. J'ai prononcé une phrase de six mots seulement qui a suffi pour nous séparer, malgré les aventures que nous avons partagé en dehors du travail, comme de sauter pour la première fois en parachute ou de monter et de jouer devant une petite centaine de personnes une pièce de théâtre sur notre fameux Club des gazelles.

Le travail réunit les amis et peut les séparer. Les idiotes survivent. A lire mardi...

Par arille
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Vendredi 28 novembre 2008

Une mère de famille disposant de toutes ses facultés mentales s’est enfermée hier dans un placard pendant presque deux heures pour « voir ce que ça fait ».

 

Elle s’était récemment passionnée pour l’histoire de Natasha Kampush, la jeune autrichienne kidnappée pendant plus de huit ans. Elle en avait longuement écouté les interviews. Et Natasha avait dit : « il faudrait vous enfermer ne serait-ce que deux jours dans un espace réduit pour vous rendre compte un tout petit peu ».

 

Pour survivre, la jeune fille avait expliqué qu’elle avait imaginé de grands espaces autour d’elle. Au fond, qu’on soit ou non dans un placard, on ne peut embrasser qu’une toute petite partie du monde à la fois. Cela fit réfléchir la mère de famille. Cette idée de s’enfermer dans un placard s’insinuait en elle avec force. Elle aborda le sujet avec son mari : « Tu ne voudrais pas m’enfermer dans un placard pour voir ce que ça fait ? C’est pour me rendre compte. » C’était une demande raisonnable, mais qui reçut un non viril. Le genre de non qu’elle reconnaissait comme un non contre lequel elle ne pouvait pas lutter. Inutile de perdre son temps de ce côté-là. Mais elle avait d’autres ressources. Son fils serait plus compréhensif. Du reste, c’était un gosse honnête qui ne profiterait pas de la situation. Aucun contentieux en cours ne pourrait justifier qu’il oublie maman au placard trop longtemps.

 

Elle informa son fils comme s’il s’agissait d’aller faire quelques courses : « Je voudrais m’enfermer une heure dans un placard pour voir ce que ça fait. Tu veux m’aider, il me faut quelqu’un pour m’enfermer ? » Le gosse, qui était un bon élève et qui étudiait, abandonna aussitôt ses livres, à peine étonné. « Tu prends ton sac et un thermos de thé avec toi ? »  « Ben oui », dit la mère.

 

Et le fils l’accompagna à la cave. Il ferma la porte en disant « Je suis très méchant ! » Mais la mère n’avait pas peur. Il n’était pas méchant et d’ailleurs, ils n’avaient pas trouvé la clef du cagibi, si bien que la porte pouvait s’ouvrir quand elle le souhaiterait. Cependant il était clair dans son esprit qu’elle ne sortirait que quand on viendrait la délivrer. Ce qui risquait d’être long, puisque le fils pensait qu’elle sortirait d’elle-même. Mais l’expérience n’aurait aucun sens si elle sortait de son placard comme on sort de sa baignoire bien tranquillement. Il fallait vivre l’attente jusqu’au bout et guetter les pas. Il fallait crier au secours et attendre encore. Il fallait avoir faim et envie de faire pipi.

 

La mère fut étonnée de reconnaître dans le placard autant d’objet mis au rancard. Ces photos qu’elle avait acheté dans des brocantes pour les arranger, ce casier d’imprimeur qu’elle devait peindre et remplir de photos, ce globe de lampe qui devait, qui devait quoi au juste ? Elle se sentit pleine de remord devant tous ces objets oubliés. Et pourquoi garder toutes ces affiches ? Comme si on avait plusieurs vies pour utiliser tout cela… Elle s’assit sur les camions d’enfant. Pas très confortables. Elle n’avait pas peur, malgré son imagination. Elle s’économisait. Son téléphone vibra. Sa fille l’appelait. Elle se posait des questions sur sa vie. C’était étrange de lui donner des conseils d’un placard. Lorsque sa fille lui posa cette simple question « Où es-tu ? » Elle répondit « Dans un placard » et la fille répéta pour être sûre. Mais cela ne l’étonna pas plus que cela. La mère buvait du thé. Elle en était à son deuxième bol. Elle devait être dans le placard depuis une bonne demi-heure.

 

L’absence totale de sentiments l’étonna. Elle était très imaginative et facilement émue en temps normal. Dans le placard c’était comme si les sentiments avaient disparu. Le bruit aussi avait disparu. Elle était entourée de béton. Cela isolait bien. Pour s’occuper, elle s’inventa des jeux. Elle essayait de trouver le plus de mots possibles avec les mots écrits sur des vieux de pots de peinture. Elle se dit qu’elle devrait se lever pour activer sa circulation. Mais une fois debout, ses cheveux furent un peu grillés par la vilaine ampoule et son crâne touchait le béton. C’était désagréable. Elle se rassit. Elle se demanda ce que penserait son mari à la voir dans le placard. Serait-il fâché ? Et son fils ? Allait-il finir par venir ? Il pouvait oublier en pensant qu’elle sortirait à sa guise. Peut-être même l’oublierait-il complètement. Il avait beaucoup d’occupations et une grande capacité de concentration. Elle crut entendre des pas, mais non. Et il n’y avait presque plus de thé. Elle commençait à avoir envie d’uriner. Elle serait assez vexée si personne ne s’intéressait à son confort. Elle attendait. Elle s’immobilisa totalement dans une attente patiente. Elle s’économisait. Son esprit se posait. Aucun sentiment, aucune peur, aucune impatience. Elle se demanda si ce n’était pas cela, la chose essentielle à comprendre, l’absence totale de sentiments, qui faisait de la personne kidnappée un être différent inadapté au monde à sa sortie.

 

Des pas, cette-fois pour de bon. Le fils ouvrit la porte, un peu étonné de la voir encore là : « Tu es toujours là ? » Elle se sentit soulagée. Elle allait pouvoir sortir. Elle avait eu l’intuition pendant ce court séjour que l’être du placard développait une stratégie de survie intelligente. C’était rassurant, mais était-ce suffisant ?

 

 

 

Par arille
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Samedi 22 novembre 2008

Sur le chemin du mont Fourcat, les corbeaux vous accompagnent. Alain dit que c'est un pays ravitaillé par les corbeaux, parce que c'est un pays pauvre. Et même, qu'il est bien possible que les corbeaux volent le dos vers le bas pour ne pas voir la misère.

Par arille
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Mercredi 19 novembre 2008
Un petit garçon qui garde l'argent du ticket de métro et marche très vite

Une fille qui porte sa baguette comme un chevalier au tournoi

deux hommes en jaune armés de souffleurs qui font des tas de feuilles mortes à intervalles réguliers

Et moi dans ce matin froid.
Par arille
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