Je je je

Vendredi 17 avril 2009

Au café mon directeur, devant tout le monde, a révélé ce que j'avais fait à midi. Il m’avait vue. Toutes les filles du bureau écoutaient. Et mon directeur était bien content. Il s’est approché de moi et d’une voix forte il a dit qu’il m’avait vue longuement hésiter à monter dans un manège pour enfants. Sans doute avais-je hésité entre le cheval et l’éléphant. C’était son interprétation.

 

Une fille a ajouté que mon bonheur aurait été complet avec une glace. C’est vrai que j’adore les glaces. Alors j’ai souri. Que dire de plus ? Mon directeur est drôlement malin, on ne peut rien lui cacher. Et tout le monde me connaît par cœur.

 

En réalité je n’avais même pas pensé monter dans le manège. Mais j’avais vu une mère assise face au manège qui regardait son gamin tourner. Elle lui faisait des signes de la main. Elle était habillée en rouge. Son gamin tournait dans un hélicoptère. Ces deux-là étaient fabuleux à contempler.

Par arille
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Vendredi 3 avril 2009

J’ai un talent discutable. Je vois toujours immédiatement, dans le travail, ce qui ne va pas. Si bien que je suis une sorte de cherchez l’erreur sur pattes. On me consulte de loin : de Rodez à Foix, D’Auch à Montauban, Cahors, Albi ou Tarbes…

 

Je suis la hantise des formateurs parisiens dont je suis obligée de relever les fautes grossières. Si seulement je pouvais la fermer ! Mais c’est comme j’étais possédée, il faut toujours que l’erreur soit fortement dénoncée par ma bouche. J’ai toutes sortes de bonnes justifications pour cela : gain de temps, logique, justesse des mots et des chiffres. Mais je rêve d’un état plus banal qui me laisserait indifférente devant d’énormes fautes. J’y travaille, je progresse.

 

Lundi, deux vieilles dames devant moi se demandaient quel jour on était. « On est mardi ! » Affirma celle de droite. « Oui ! » Dit celle de gauche. Je me tenais juste derrière elles : j’aurais pu aisément les détromper, mais j’ai juste souri en les laissant s’éloigner dans l’erreur d’un jour. Des fois, je m’épate.

Par arille
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Dimanche 1 février 2009

 

Je me suis tout de suite rendue compte que le chapon était une erreur, enfin tout de suite après l’avoir acheté et en avoir lu le mode d’emploi : 48 heures de décongélation. ! Je n'avais pas 48 heures devant moi, je n’en avais même pas 24. Se mettre au chapon était une double erreur. Car je me mettais sur le terrain des invités. Jusqu’à présent j’avais toujours préparé mes repas dans une inconscience totale. Nourriture exotique, expériences nouvelles… Au moins si c’était raté, je pouvais prétendre que c’était la recette, mais là ! Si le chapon ne cuisait pas ou s’il ne faisait pas de jus, s’il cuisait trop… Mes invités eux, m’avaient reçue chez eux avec tout le miam miam traditionnel sorti des bocaux et parfaitement cuisiné; foies gras, cèpes, chapon, gâteau du meilleur pâtissier de la ville, champagne, vin…Une nourriture maison, locale et payée cash chez les meilleurs artisans… Moi je ne m’en sortais pas, et personne ne pouvait rien pour moi. J’étais fichue, même pas capable de cuire un gros poulet congelé.

 

Mes invités étaient du genre tôtif. C’est rare, on est plus souvent tardif. Arriver trop tard est délicat, arriver trop tôt est calamiteux. Nous les invitons à midi, il est à prévoir qu’ils arrivent à dix heures. Nous qui avons toujours une heure de retard, eux qui en ont deux d’avance, on a donc trois heures de décalage... En plus ma grande cuisine fait office de salle à manger, ce qui est parfait quand tout est prêt, mais désastreux si on voit tout ce qu’il ne faut pas voir…

 

La fois d’avant ils étaient arrivés à dix heures. Cette fois il était bien dix heures  et demi passées. Il y avait du mieux, mais c’était juste dû à une erreur d’aiguillage sur le périphérique qu’ils ont pris en sens inverse sur une courte portion. Que proposer à cette heure ? Le petit déjeuner ? Heureusement ils ont un chien depuis une semaine, un chien cher au kilo, vu qu’ils l’ont payé 900€ pour 500g ! Ils sont donc allés promener le chien, avec une laisse au cas où il s’envolerait vu sa taille.

 

La cuisinière est vraiment seule dans son angoisse. Tous les autres s’en fichent. Evidemment, seule la cuisinière se sent la mission de bien cuisiner, les autres se contenteront de se moquer des années durant des ratages constatés. Au fond, elle devrait s’en moquer elle aussi, mais il y a derrière cette angoisse bien plus que la simple fierté misérable de réussir un bon repas. Il y a la crainte que les invités croient qu’elle a raté exprès son repas par manque d’estime pour eux. Elle veut faire plaisir la cuisinière, mais tout est complexe. C’est tout un mode de vie qui est à revoir et c’est trop tard pour tout changer. La nappe est moche, les verres ne sont pas assortis et les coupes de champagne n’ont jamais existé, les chaises sont des chaises en plastique bleu, le linge à repasser est stocké dans des chambres dont on a soigneusement fermé les portes pour que les invités n’aillent pas voir ce qu’ils ne doivent pas voir.

 

Il y a donc un gros pic d’angoisse qui atteint son point culminant à H-10 minutes. Puis l’angoisse de la cuisinière redescend et peut même disparaître totalement. Elle s’est servie en douce une bière pour se donner du courage et avec la chaleur du four, l’odeur du maudit chapon qui cuit bien gentiment et donne tout le jus qu’il faut, elle pourra manger normalement si elle arrive à bien gaver ses invités. Il faut qu’ils crient grâce. Alors elle se jure que plus jamais elle ne se mettra dans cet état et bien sûr elle sait en même temps que ce n’est pas vrai.

 

Quand les invités sont partis, on constate qu’il reste trop de nourriture. On peut enfin manger sans façon, sans nappe, sans chichi, sans questions sur l’avenir des enfants, on peut oublier les tortures des invitations et l’horreur des politesses.

 

 

 

 

Par arille
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Samedi 3 janvier 2009

J’ai toujours rêvé qu’un jour un homme tombe éperdument amoureux de moi au premier regard. Quand j’étais jeune en effet j’aurais trouvé tout à fait normal que cela arrive. Avec le temps et la maturité j’ai fini par rire de cette idée et à la trouver puérile. C’est devenu une petite plaisanterie entre moi et moi.

 

Et il y a quelques jours, vous savez ce que c’est, les bonnes résolutions et tout le reste, je me suis dit qu’il était temps de balayer ce fatras d’idées puériles qui ne serviraient pas. Je me suis mise donc d’accord avec moi-même pour abandonner cette fantaisie qui d’ailleurs si elle se réalisait me mettrait bien dans l’embarras, car j’ai une parfaite lucidité sur la question, c'est-à-dire que je me rends tout à fait compte que si vraiment un homme prétendait être tombé amoureux de moi en une seconde, ce serait probablement de tout sauf de moi dont il serait amoureux. Sans compter que je serais bien embêtée qu’un inconnu me regarde avec des yeux énamourés. Bref.

 

Hier 2 janvier 2009, alors que je prenais le métro à la station Jean-Jaurès avec mari et fille, un homme derrière moi sur l’escalator se met à dire que je suis sa femme. Alors que je me tourne perplexe vers mon premier et unique mari, le nouveau mari se met à expliquer à haute voix que vraiment, je lui plais, que je suis son idéal, que nous avons même deux enfants ensemble. Où suis-je ? Dans un film de science-fiction ? Ou bien me fait-on une farce ? Alain qui aime la précision dit qu’il pensait que j’avais trois enfants (et tout à fait bêtement je me mets à additionner les enfants réels et les deux imaginaires, ça fait cinq), l’homme a réponse à tout, il dit que le troisième enfant n’est pas de lui. Nous prenons le métro ensemble, ça laisse le temps de parler, surtout lui. Il regarde ma ravissante fille et dit oui vraiment, je préfère la mère (quel goujat !). Et il glisse dans la conversation qu’il est gardien de la paix. Peut-être est-il gardien de la paix, mais pas de la paix des ménages…

 

Finalement l’amoureux est descendu sagement à sa station non sans avoir insisté une nouvelle fois sur le fait que je lui plaisais beaucoup. Je dois préciser qu’il semblait avoir bu plus que de raison et mon hypothèse personnelle est qu’il n’y voyait plus très clair.

 

Mais la morale de cette histoire, c’est que si on est assez patient dans la vie, tout arrive.

Par arille
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Lundi 10 novembre 2008

Je n'avais aucune idée du travail qui m'était demandé en tant que responsable commerciale nationale dans cette petite société prometteuse, mais le salaire proposé dépassait celui de mon ingénieur de mari, aussi ai-je accepté... Une excellente façon de devenir l'idiote au travail ... à lire chez  Lasphrise  ... à partir de minuit !!!

Par arille
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Mardi 7 octobre 2008
Une chargée d'étude terrain fait des études dans les magasins pendant que vous, pauvres innocents, vous faites tranquillement vos courses sans vous douter de rien.... Mais si la chargée d'étude est enceinte et n'ose pas le dire et que la société se fait racheter par les gros méchants distributeurs, ça donne un drôle de truc à lire dans Lasphrise  ...
Par arille
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Lundi 29 septembre 2008
Chef du marché des particuliers, voilà un titre des plus mystérieux... Que j'explique dans  Lasphrise ...
Par arille
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Mardi 23 septembre 2008
Quoi ? C'est mardi et personne ne vous l'a dit ? Et vous avez raté votre feuilleton"Une idiote au travail" chez Lasphrise   ? Pas de panique !
J'ai été diseuse de beauté pendant quelques mois. Je peux révéler aux gens leurs atouts et leur apprendre à se mettre en valeur et le plus étrange, c'est que c'est loin d'être un métier futile. Certains disent aussi relookeuse, mais il s'agit moins de transformer que de révéler... Et rappelez-vous qu'il vaut mieux assumer un défaut physique qu'essayer de le cacher !
Par arille
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Lundi 15 septembre 2008
Encore"Une idiote au travail" chez Lasphrise  à minuit pour vous raconter ma courte carrière de secrétaire médicale trilingue ou presque!
Par arille
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Lundi 8 septembre 2008

Plus que quelques heures pour lire un autre épisode d'"Une idiote au travail" chez Lasphrise  dès mardi zéro heure. Si mardi tarde à venir, on peut attendre  minuit le lundi... J'y raconte mon premier job de publicitaire très sûre de ses époustouflantes capacités... Jusqu'à ce que...

Par arille
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