Un dimanche à Agen

Publié le par arille

Agen ne ressemble à rien. La preuve, Agen a des rues piétonnes, des cafés, des murs, des jardins, des bouteilles de bière entamées abandonnées sur les murets, comme partout en France.

 

Agen ne ressemble à rien. Agen a un jardin avec une statue d'Okapi qui ressemble à un cerf. L'artiste n'a jamais dû aller en Afrique, ni visiter un zoo, ni regarder un dictionnaire, une encyclopédie ou un livre pour enfants. Les pancartes et les panneaux lisibles à Agen sont étranges. On hésite : faut-il rire ou réfléchir ? Exemple : "Deux immeubles menacent", "Stationnement autorisé du 1er au 31 du mois", "Interdiction de consommer des boissons alcooliques", "Ici gravure ici gravure ici gravure"...

 

Agen ne ressemble à rien. Le dimanche les gens promènent leur chien, disent bonjour et bonne année et vont boire des thés, des cafés et des chocolats chauds. Sur les murs, on devine des tags effacés à la texture en bas relief un peu molle comme dans toutes les villes qui ont des murs.

 

Agen ne ressemble à rien. Des voyous se promènent parfois avec des hâchettes ou mettent de la musique trop fort. Il y a des gens malades, des gens très vieux abandonnés de leur famille et des petites amies qui partent avec l'argent. Il y a des bénévoles. Une piscine. Un kiosque. Des galeries Lafayette. Des boutiques de décoration et d'ongles postiches, des réflexologues, des pédologues.

 

Sur le chemin du retour, on voit des vignes soigneusement alignées avec des petits plastiques au dessus et des serres allumées qui ressemblent à des salons de plain air pour des okapis d'opérette qui inviteraient des pèlerins déguisés en chats bottés.

 

Publié dans vagabondage

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