Qu’est-ce qui cloche avec Pietragalla ?

Publié le par arille

Au début du spectacle La tentation d’Eve le public s’étonne et s’émerveille : un nuage entre sur la scène et danse en volutes tandis que les retardataires s’installent, qui sur les chaises, qui sur les gradins. Nous essayons d’oublier que nous sommes dans un gymnase, nos fesses essaient de l’oublier.

 

La danseuse apparaît dans une robe de nudité poussant une grosse pomme. Les poses sont étudiées pour montrer la beauté de la danseuse. On s’embête un peu, mais on regarde le nuage, la pomme, les jambes de Pietragalla. Elle pousse la pomme de droite à gauche. En haut, trois masques divins la surveillent.

 

Au cours du spectacle, Pietragalla se changera de nombreuses fois et produira beaucoup d’effets à l’aide d’accessoires variés. Elle sera marquis, diva, secrétaire, elle aura un enfant guignol dont elle essaiera de se débarrasser par tous les moyens. Elle sera seule sur scène avec ses habits de scène, ses accessoires nombreux. Et la voix de Mesguich qui joue les voix off façon documentaire soporifique du vingtième siècle. Evidemment, elle danse divinement, dans une énergie parfaite. Mais aucune émotion ne passe.

 

Pietragalla a choisi de démontrer aux femmes combien elles sont opprimées, malheureuses et soumises. Regardez comme vous êtes stupides, semble-t-elle dire, et en plus vous n’avez pas ma beauté ni mon talent. Vous êtes foutues, enchaînées à vos servitudes. Elle accumule les clichés, nous fait un clin d’œil à la Basic Instinct déguisée en secrétaire. En diva, elle installe un danseur de dos mais ce ne sera qu’un accessoire de plus tout juste bon à lui donner du feu. Elle fume sur scène, faisant tournoyer la fumée comme elle a fait auparavant tournoyer ses voiles. A force de bêtise, la beauté de Pietragalla s’estompe. Habillée, ou plutôt déguisée, son corps de danseuse, trop musclée pour des vêtements banals, révèle des laideurs.

 

Là où j’enrage, c’est dans la prétention du titre. Je propose plutôt « Pietragalla s’amuse toute seule » ou « Quelle robe vais-je mettre aujourd’hui ? », mais oser La tentation d’Eve et parler pour les femmes en incarnant LA femme, c’est autrement plus ambitieux et cela demandait plus qu’une suite de sketchs cyniques. La seule chose que Pietragalla n’a pas osé faire, c’est déguiser un danseur en serpent et un autre en grosse pomme. Carolyn Carson est bien loin.

 

Ne vous fiez pas aux photos ni aux vidéos, elles sont superbes, le spectacle est peut-être fait pour ça. Ne vous fiez pas à Internet qui reprend le dossier de presse d'un dircom en pâmoison. Ne vous fiez pas aux spectateurs, qui applaudissent à tout rompre. Ne vous fiez pas à moi.

 

 

 

 

 

Publié dans culture et confiture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

jlf 11/11/2010 08:25


Excuse moi pour le retard sur ce commentaire.
deux questions :

- Est ce pour signifier la rectitude de la chorégraphie de Pietragalla que tu as changé la photo en tête de ton site?(danse rectiligne, prisonnière de l'espace...)

- Par quelle marque de maillot de bain es tu sponsorisée?. Il n'y a pas une seule photo (et dieu sait si elle sont nombreuses) où tu portes le même.

C'est quand même très fort que tout cela


galopin 03/11/2010 17:35


Pietra galla c'est la pierre qui se trouve à la surface. A moins que comme gallo c'est le coq, il ne s'agisse de de la pierre de la femme du coq ou encore du coq femelle en pierre !