Naissance en décroissance

Publié le par arille

J’ai un peu perdu de vue mes amis de la décroissance. Ils faisaient de divins gâteaux de légumes avec des paniers auxquels ils étaient abonnés. Ils avaient du courage et assez de douceur pour être persuasifs. Quand j’allais chez eux, je vidais aux toilettes de l’eau de récupération.

 

Je les aimais bien. Certains de leurs projets me plaisaient, comme de faire du théâtre en public pour sensibiliser les passants à l’écologie. Ou les grands dons où chacun amène ce qu’il n’utilise plus. Je leur trouvais souvent des idées généreuses et sensées.

Parfois je les trouvais un peu trop sérieux. Si jeunes et déjà se posant mille questions, se contraignant à mille choses, comme de boire de la tisane de thym plutôt que du café qui vient de trop loin, en avion.

 

Ce jour-là, quand j’ai vu passer la jeune maman blonde qui tenait dans ses bras un tout petit bébé blond et que j’ai reconnu ma jeune amie, mon cœur a bondi de joie. Un grand plaisir s’est emparé de moi, me surprenant par sa force et son ampleur. Etait-ce dû à la grande harmonie que je sentais entre ces deux-là ? Etait-ce la joie de me rendre compte que malgré toutes les contraintes qu’ils s’imposaient et leur lucidité, ils avaient choisi de faire ce petit bout, considérant qu’au fond, la vie était possible dans ce monde.

Publié dans propos aimables

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