Incompétences ici

Publié le par arille

Je suis frappée de constater autant d'incompétences dans le domaine du travail. Il est tabou d'en parler. Si on évoque concrètement un exemple précis, on entend souvent "Il y a pire!" C'est vrai, il y a pire qu'un courrier interne qui met une semaine pour grimper un étage. Il n'y a pas mort d'homme. On ne drogue pas des enfants, on ne viole pas des femmes, c'est juste un courrier qui met deux cents fois trop de temps. Faut-il s'en satisfaire ? 

 

Je ne crois pas être une de ces vieilles badernes toujours prêtes à pointer les erreurs des autres tout en étant aveugle aux siennes. Je me vois, dans mon travail, rendue incompétente. Que disent mes collègues dans la même situation, abrutis d'ordres et de contrordres ? "Faire et défaire, c'esr toujours travailler" Pénélope avait, elle, une mission. Elle faisait puis défaisait volontairemet pour ne pas que son ouvrage avance. Son véritable travail était de donner l'illusion d'un travail sans qu'il ait de progression. En sommes-nous là ?

 

Je croyais avoir appris en physique que le travail d'une force était l'énergie fournie par cette force pour se déplacer. Il faut donc qu'il y ait déplacement. Y a-t-il déplacement ? Y a-t-il progrès ? Dans certains cas, oui. Quand mon fils aîné, apprenti plombier, est allé chez sa grand-mère déboucher son évacuation de toilettes, on a pu voir les petits cacas rejoindre le trou d'où ils n'auraient jamais dû sortir. Les cacas se sont déplacés, il y a eu un vrai travail réalisé. Mais combien sommes-nous dans notre travail à se croire compétent sans l'être ? 

 

Les naïfs, dont je suis, croient être à leur poste pour effectuer un travail. Aller d'un point A à un point B. En ce qui me concerne, je me retrouve à aller du point A au point A. Les naïfs, dont je suis, n'ont pas compris que le travail sert à occuper les gens et non pas à progresser. Réfléchissez un peu. Si cette hypothèse est vraie, alors ne voyez-vous pas comme toutes ces incompétences s'expliquent ? Des dossiers sont rédigés, peut-être lus, jamais analysés. C'est le règne du copier/coller. Les choses semblent avancer, on entend courir dans les couloirs, les adjoints semblent arriver à joindre les personnes injoignables mais. Au bout du compte, le vrai travail est l'immobilité, de façon à ce que chacun reste à sa place et surtout que les détenteurs de pouvoir puissent le conserver. 

 

Ainsi s'explique l'indifférence totale aux incompétences, y compris l'indifférence de ceux qui devraient le plus s'en choquer, les chefs, les patrons, les adjoints, les directeurs. Ainsi s'explique la commisération dont ils font preuve pour les demandes de formation, la promotion interne. Ainsi s'explique l'agacement qu'ils éprouvent lorsque les vraies questions sont posées. Car alors on les oblige à reconnaître leur propre incompétence, ce qu'ils acceptent volontier in peto mais difficilement en public.

 

Au fond, à quoi bon ? Compétent ou incompétent, ce qu'on entend, c'est toujours un con qui pète.


Publié dans PARANOIA DEBUTANTE

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jlf 01/05/2011 11:32


un con qui pète...d'où "Le Principe de Peter"
c'est aussi cela ?