La tristesse du macadam chaud

Publié le par arille

Quand le soleil tape sur le macadam et que le monde se résume à du macadam chaud, il m'arrive de ressentir une tristesse soudaine. Quand les fenêtres et les volets se ferment, que les humains s'absentent des rues et que même les animaux se cachent, il n'y a rien d'autre que du macadam chaud et ma tristesse.

 

J'aime pourtant la chaleur dans les villes. Les enfants baignés dans les fontaines, les cafés et les restaurants qui se prolongent en terrasses, les étals des bouquinistes, les glaciers délicieux avec leur palette colorée. Mais quand la ville se rencogne sans rien offrir d'autre que son macadam chaud, je ressens un poids et un désespoir en plein coeur de l'été, ma saison préférée. Même une crotte de chien égaie alors le trottoir, l'odeur puissante des poubelles ou les rires des gosses. J'entends sans le vouloir des cris de disputes dans le voisinage échauffé par une mauvaise fièvre.

 

Voilà pourquoi on a inventé les festivals, les soldes, les feux d'artifices et les barbecues, les vacances à la mer et les randonnées en montagne. Pour échapper à la désolante malédiction du macadam chaud.

 

 

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