Je veux qu'on me respecte ! Disent-ils

Publié le par arille

Une véritable soif de respect court en France. Le problème, c'est que c'est une notion mal définie. Respect est utilisé pour parler d'une bienveillance à priori envers soi-même. Etre considéré d'une manière bienveillante par les autres êtres humains, cela semble une demande honnête, à condition que la personne qui le demande se positionne aussi dans la même configuration, ce qui n'est pas toujours le cas.

 

Autre problème de ce terme, c'est qu'il se réfère à un contrat ou à des évènements passés. Respecter un contrat. Respecter un individu serait de la même façon tenir compte de ses faits passés. Mais quand on croise un être humain inconnu, comment pourrait-on le respecter puisqu'on ne le connaît pas ? Là où la considération suggère une notion de durée (regarder attentivement), le respect demandé est instantané. Ce que demandent en réalité les personnes qui exigent le respect, c'est de ne pas être jugés négativement de manière instantanée.

 

Cette notion de respect embête encore : elle apparaît plutôt par son manque. J'ai rarement entendu des personnes se plaindre d'être respectées suffisamment ou trop. Et ce qui est manque de respect pour l'un ne l'est pas pour l'autre. C'est non seulement une question de seuil mais de domaine. Autre chose amusante dans le manque de respect, c'est que celui qui s'en prévaut n'a pas conscience de la subjectivité de cette notion. Chacun se réfère à une prétendue bonne éducation qui codifierait la manière de croiser l'autre, de le regarder, de lui parler, de s'habiller...

 

Au fond, cette demande de respect me paraît bien suspecte. Je me demande si tout cela n'est pas une résurgence de l'éternelle envie d'être entre soi et contre les pas nous. C'est pas joli joli.

 

 

Publié dans Propos engagés

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lavernette 04/01/2013 08:01

Tu as raison: le respect ne se "demande" pas. Le respect est une attitude que l'on a vis à vis d'autrui: "Je ne pense pas ce que tu penses, mais je respecte ta pensée."