Happy ou pas

Publié le par arille

Alors que je pestais enore telle une mégère sur le tic de language du "ou pas" que j'interprétais comme une résignation au débat, comme si avant un combat de boxe l'un des boxeurs abandonnait, une phrase surgit en moi qui me prit toute entière.

 

Alors donc que je râlais contre les ironiques ou les lâches, ceux qui terminent toutes leurs phrases par un détestable "ou pas". Ou pas comme on passe de la pommade, ou pas comme un qui est toujours de l'avis du plus puissant, ou pas comme lâcheté caractérisée, ou pas comme on rit en réponse à une blague de patron afin de lui plaire afin qu'il ne vous oublie pas lors de l'attribution des primes de fin d'année. Ou pas comme un qui se croit drôle et qui n'est que pitoyable.

Il est vrai que je suis moi-même assez rigide dans ma vision du ou pas. Je suis premier degré, c'est à dire coincée. Diront certains. Je déteste les blagues racistes, je déteste les blagues contre les femmes. Quant à l'argument du comique, et bien moi, ça ne me fait pas rire. Je ferais partie de la milice anti-blagues de ce type, si elle existait. Le ou pas a selon moi une fonction d'apaisement, voire de somnifère. C'est comme les gens qui adorent les animaux et qui quand ils s'installent à la campagne deviennent amis avec des chasseurs soudain de braves gens.

 

Ou pas permet de penser une chose et son contraire en même temps, ce qui est abominable pour une personne comme moi. Imaginez que vous allez voir un spectacle avec votre meilleur ami. A la sortie, il dit tout le bien possible du spectacle, comme par exemple "c'est un spectacle merveilleux et exceptionnel, les acteurs sont talentueux, c'est excellent". Imaginez maintenant qu'en vous regardant bien dans les yeux il ajoute "ou pas", n'auriez-vous pas envie de l'étrangler ? Je n'ose pas imaginer deux amoureux qui se diraient je t'aime ou pas. 

 

Or à ce point extrême de mes cogitations et absolument sûre de mon bon droit, une phrase, vous disais-je, vînt me hanter. Qui disait simplement to be or not to be. Ce qui me trouble depuis énormément car tout de même Shakespeare... Si lui-même s'y met !

 

Depuis je ne sais plus quoi penser. Ou pas ou pas ou pas, c'est ma question.

 

 

Publié dans GRRRRRRRRRRRRR

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