Au musée d'art contemporain avec Pierre Roger

Publié le par arille

Pierre Roger profite de ce beau dimanche matin pour aller au musée. C'est gratuit, et Pierre Roger n'est pas dépensier. Nous arrivons devant un musée dévasté, vide, mais comment se plaindre puisque c'est gratuit ? Des rubans rouges et blancs nous canalisent à l'étage. A l'entrée l'employée regarde mon léger sac à dos en toile. Voit-elle Pierre Roger à travers ? Le devine-t-elle? Elle semble un peu effrayée et nous laisse passer. Une jolie femme au cheveux gris dit à son compagnon devant une installation de tomates jetées sur de la moquette noire : "Je prends souvent des idées pour la maternelle, tu vois ça me donne des idées !" L'homme approuve, il est content. Une jeune maman demande à une toute petite fille qu'elle met à la hauteur d'un grand tableau barbouillé de noir : "Est-ce que tu trouves ça beau ?" Oui, dit la petite. J'ai le sentiment qu'elle aurait dit oui si la mère avait demandé "Est-ce que tu trouves ça moche ?"  Pierre Roger aime bien voir des os par terre. Il me fait remarquer que les batons ne sont pas dessinés mais juste enroulés de papiers dessinés. Je ne savais pas Pierre Roger mesquin à ce point.

Sur le pont qui nous amène à une autre exposition intitulée "les désordres du plaisir", Pierre Roger remarque une voiture en forme de crâne humain. Puis des images montrant des noirs du cou au cul très bien photographiés nous attendent. C'est assez dérangeant de voir ces peaux bien disposées aux murs comme s'il s'agissait d'une collection d'insectes ou de fleurs. Mais le plus drôle est de voir nombre de dames bien habillées prendre en photo les photos de ces nus noirs sans visages, sans têtes et sans bras. Je me demande ce qu'elles vont faire de ces photos ? De l'autre côté du pont, l'hommage de Serge Pey à Satchwe, la Vénus hottentote, prend une signification plus ironique. Quelques hommes se promènent en prenant un air détaché. Les femmes photographient les zizis à tout va. Toutefois, personne ne se met le nez contre la vitre comme pour les autres œuvres. Pierre Roger en a un peu marre, alors nous jetons un dernier regard au presque rien, nous disons au revoir et nous partons bien contents au soleil.

Publié dans culture et confiture

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