Le tu et le su dans les magazines féminins

Publié le par arille

J’ai encore essayé de lire des magazines féminins. J’ai cette faiblesse de croire que je finirai par y trouver un intérêt, une vérité, et toujours je suis déçue.

 

Le thème du vrai revient souvent dans les magazines féminins. Dans 20 ans, Oops, Cosmo, le faux est dénoncé rageusement : telle a des faux seins, des teintures, telle autre se colle des faux cils depuis ses 14 ans, et telle actrice a recruté à domicile pour être toujours dorée à point un as du pistolet à vaporiser du bronzage. Et dans les mêmes pages on nous enseigne à faire pareil. A nous oindre, nous bichonner, à mentir à nos hommes sur le prix de nos vêtements et  la fréquence de nos rendez-vous chez le coiffeur.

 

Il faut être une vraie experte du faux. Dans 20 ans, une bécasse enquête auprès de quelques hommes pour en conclure, ulcérée, qu’ils ne voient ni les teintures ni les faux seins des autres femmes. Elle en conclut donc qu’il est indispensable de continuer à leur cacher nos petits stratagèmes. Le faux est mal chez les autres, mais chez soi, c’est un rattrapage salutaire.

 

Tout au long de ces pages une vieille morale traîne et cherche à se rendre moderne et novatrice sans jamais y arriver. Ainsi nous propose-t-on, dans « 15 lieux pour faire l’amour », d’essayer un parc d’attraction, la place principale d’une ville la nuit ou « au bureau ». C’est consternant de payer pour lire cela, et même doublement consternant. On nous croit d’abord incapable d’y avoir pensé avant, puis on nous donne des conseils qui pris au pied de la lettre peuvent être le début d’une longue honte… La pauvreté des idées s’explique mieux si l’on s’intéresse à l’identité des rédactrices : des dames incertaines qui courent après une modernité de pacotille et une vérité de bazar. Des dames sans imagination qui n’ont qu’une seule idée en tête, vous abreuver de conseils que vous n’avez jamais demandé, vous faire perdre du temps avec des tests qui ne vous apprennent jamais rien et vous inondez d’idées que vous aviez déjà il y a six mois. Et jamais, jamais ne sont abordés les vrais sujets comme pourquoi on doit vivre et surtout mourir et pourquoi tous les caleçons de bain des hommes ont à l’intérieur un délicat slip en tulle blanc.

 

 

Publié dans culture et confiture

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Schopenhauer 27/08/2009 08:37

Les journalistes, pauvres mortel, doivent à tout prix remplir leurs pages de magazines de futilité sans conséquence, ni intérêt. s'ils avaient la moitié du quart du génie d'Arille, ils auraient été lourdés !

Khaos Farbauti Ibn Oblivion 10/08/2009 21:09

Cette histoire me rappelle un vieil exemplaire de Playboy que j'avais déniché un jour dans le grenier familiae. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, il y avait finalement à l'intérieur beaucoup plus d'articles de fond (tendance philosophique lourde sur la société et son fonctionnement) que ne l'indiquait la couverture.

Alors je ne sais pas si Playboy a conservé durant toutes ces années sa ligne éditoriale. Mais si oui, il s'avère être diamétralement opposé aux revues féminines actuelles.

arille 13/08/2009 21:42


Il va falloir vérifier, juste pour la côté scientifique.