Les revenants de Lourza

Publié le par arille

Lourza est loin. Lourza est en ruines. Nul centre commercial, nulle route, nulle voiture, nul multiplex. Pas même de vélo, ni d’avion.

Les ex-maisons de Lourza ont de belles ardoises avec un trou pour les clouer aux charpentes. Pourtant le nom de Lourza est écrit sur les cartes et le chemin pour y aller est un bon chemin. C’est un chemin long qui monte gentiment. D’où qu’on parte il faut au moins une journée entière pour aller à Lourza et en revenir. C’est ce qu’il vaut mieux prévoir à mon avis, même s’il s’en trouvera de plus rapides.

 

Arriver à Lourza est un grand calme. On pourrait vendre ce calme très cher. C’est aussi très beau, Lourza. Sans doute la beauté vient-elle des pentes douces, du ruisseau, des arbres. On pourrait dormir à Lourza, si on n’y voyait pas des choses effrayantes comme une patte de chevreuil ou un petit crâne de mouton. Le calme de Lourza est un calme de façade. A Lourza, l’ours n’est pas loin. Et il faut bien qu’il mange. S’il venait, la seule idée qui me vient, c’est de lui jeter notre tablette de chocolat.

 

Lourza est trop sauvage. A peine en est-on parti qu’une faim violente nous prend. Une seule pensée me hante (Un restaurant français) que je n’ose exprimer à haute voix pour ne pas gâcher l’instant par des considérations triviales. C’est alors qu’Alain me demande si je préfère aller au cinéma ou au restaurant. Et quand je lui réponds que je préfère manger, il semble soulagé. On revient de Lourza hirsutes, joyeux et affamés, comme il se doit quand on revient de Louza.

Publié dans vagabondage

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