La place Pinel est un roman

Publié le par arille

J'ai longtemps eu peur de la place Pinel. Pourtant la place Pinel est une place Toulousaine d'un grand calme. Disons que j'étais partagée, perplexe. Je participais pourtant. Je pinélisais le Monde, ou en tout cas l'Espagne, le Portugal, des villes françaises...J'inventais des boites à terre pour pinéliser plus commodément. L'inventrice du kit de pinélisation, c'est moi, en toute humilité ! Mais toujours au fond de moi, une crainte subsistait, une pudeur, une réticence. La nuit, je suis venue plusieurs fois place Pinel accompagner Yves Le Pestipon, Sébastien Lespinasse, Les yeux de martien, et d'autres. J'ai même participé à des rites avec des masques. J'ai chanté, mais toujours au fond de moi cette inquiétude.

Et puis l'autre jour, j'ai lu un article de l'homme qui fait de la place Pinel une oeuvre collective un article qui n'avait rien à voir, et là, j'ai compris que la place Pinel était un roman parce qu'on y mangeait. Et dès que je me suis mise à manger place Pinel, la peur est partie. L'aspect sacré avait trouvé avec qui lutter.  Avec le sandwicht. Car l'écho ne me suffit pas. Je veux du pain. J'explique pour ceux qui ne connaissent pas la place ; la place Pinel contient un kiosque à musique qui a la particularité de résonner très fort. Tous les sons produits en son centre sont amplifiés à l'extrême.

Le projet collectif consiste (entre autres choses) à emporter partout autour du Monde de la terre de la place Pinel. Je pars cette semaine vers les îles, en direction de l'Amérique. Je prendrai bien sûr des photos et des films. Et je n'aurai plus peur : j'ai vu des employés municipaux faire une pause repas champêtre  place Pinel, j'ai vu des grosses dames la traverser en transportant de lourds paniers, j'ai nourri des pigeons. J'ai maintenant envie de disperser sa terre au plus loin. L'honneur et le plaisir se mêlent en moi de me joindre à ce travail joyeux et loufoque d'amitié. J'en fait mon affaire.

Publié dans AMITIE

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