Thune surprise

Publié le par arille

Je passe tous les soirs devant le bar "La salade" pour rentrer chez moi. Dans le guide "Toulouse secret et insolite", on explique que le lieu désignait les fourches auxquelles on suspendait les corps des condamnés. Fourches qui étaient un repaire d'assassins s'attaquant le soir aux passants... Les tenanciers d'aujourd'hui sont il est vrai plutôt bourrus, mais n'exagérons rien.

A la terrasse de La Salade donc, ce soir, un garçon joufflu fit éclater sa joie ; alors qu'il venait d'ouvrir son paquet de tabac, il découvrit de l'argent : "Je ne savais pas que j'avais tout ça dedans !" Et il rit en fourrageant dans son paquet de tabac. Le matin, Lionel aussi s'était réjoui de retrouver un billet de dix euros dans la poche d'un pantacourt qu'il n'avait pas mis depuis l'été dernier...

Cette joie pure qu'on expérimente de temps en temps à retrouver de l'argent oublié dans des poches ! Bien sûr il y a des joies plus douces et plus nobles, plus généreuses, plus sensuelles, mais cette petite joie de l'argent découvert a une intensité intéressante. Elle dure peu et l'argent découvert idem. Il disparaît comme il est aussitôt apparu, gaspillé aussitôt. Même les sommes minimes causent de grandes joies. Jamais la vue de votre compte, même jour de paie, ne fait cet effet.

Aussi, le plus beau cadeau idiot que l'on puisse faire à quelqu'un, plutôt que de dépenser pour des cadeaux douteux, est de glisser un billet, même petit, dans une de ses poches. Un anti-racket qui n'oblige même pas à dire merci.

Publié dans propos aimables

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