Le Générateur Global de Chaos et moi : 0/1

Publié le par arille

Le Générateur Global de Chaos entre partout. Alors que nous aidions Anna à déménager de son petit studio parisien, nous avons pu constater sa puissance infernale. Le Générateur Global de Chaos, appelons-le GGC, peut surgir plus vite qu’une grippe en hiver. Il traverse les vitres. Une fois en place il convoque les bêtes nuisibles, les petites pour commencer : araignées, moucherons, mouches… Sa spécialité n’est pas le mélange salé/sucré mais le sale/propre. Il déverse des nourritures avariées dans les coins les plus secrets (afin d’œuvrer en douce à la pourriture totale) : vieilles brochettes, tranches de gruyère, explosion de comprimés d’ultralevure. D’une simple bouteille de jus de fruits il fait une bombe. Qui explose à l’ouverture, mais non sans avoir suinté longuement son vert de gris.

 

Le GGC mélange aussi papiers importants et vulgaires courriers commerciaux, papiers écrasés, piétinés voire mâchés et photos bien alignées en quatre sourires paisibles. Le GGC se surpasse dès qu’il s’agit de linge. Il excelle à avaler toutes les fibres possibles et à recracher une masse informe, pâteuse et cartonneuse, un tsunami à carreaux, pois et rayures.

 

Le GGC peut accéder aux murs, aux portes, aux vitres. Il griffe, il écaille, il éclabousse. Il adore graisser les portes. Il exhibe sa présence dès l’entrée, marque son territoire, dégueule ses boulettes, ses fuites, ses traces, il empuantit même les parfums les plus purs. Il sait qu’il gagnera à la fin, il ne peut perdre que des batailles.

 

Le GGC est le roi des bluffeurs. Il nous traite de conventionnels. Lui seul est le grand révolutionnaire. D’ailleurs, quel gloire à avoir un esprit ordonné dans un espace ordonné ? Parvenir à la clarté dans le chaos, voilà le grand défi.

 

Les éponges, les lessives et l’eau de javel nous ont aidés à le vaincre, mais nous savons bien que ce n’est qu’une toute petite et provisoire victoire.

 

Alors que je racontais ma victoire toute récente à ma sœur, elle voulut à toute force me faire avouer combien j’étais bordélique jeune. Honnêtement, quand j’étais étudiante  je n’étais pas bordélique à ce point parce que je n’ai jamais pu travailler dans le chaos. A quoi ma fille ajouta : Moi non plus, c’est pourquoi je ne travaillais pas !

Publié dans Education des parents

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Gabrielle 20/01/2009 07:48

Aha, c'est donc ça ! Je ne suis pas si bordélique en fait, juste victime du GGC.
Heureusement la petitesse de mon studio (?) parisien permet de le réceler assez tôt.
Mais je devrais peut être fermer les yeux... Juste pour le plaisir de la dernière réplique !