Samedi 7 novembre 2009

Dans l’administrakion dans laquelle je travaille, je gère le budget de rémunération du personnel. Quand il reste de l’argent, on peut soit le transférer sur le budget de fonctionnement pour faire des travaux ou acheter des écrans plats, soit le rendre au ministère à Paris où j’ignore totalement à quoi il sert. Ou alors, troisième solution, on peut le dépenser en le répartissant entre les agents.

 

Depuis trois ans, par peur de ne pas avoir assez d’argent, les responsables de mon administrakion réduisent les recrutements de manière excessive. On se retrouve donc avec un excédent que nous rendons, ce qui est idiot. Cette année, j’ai œuvré pour que cet argent soit réparti avec une telle efficacité que j’ai réussi en une journée à moi toute seule ce que les quatre ou cinq syndicats n’ont pas réussi à obtenir malgré de nombreuses réunions, à savoir l’équivalent d’une prime égalitaire de cent euros (waouh quelles agapes) pour tout le monde !

 

Malheureusement, depuis que la décision de répartir l’argent a été prise, toutes les administrakions qui dépendent de la nôtre se sont mises à prévoir des dépenses nouvelles, ce qui fait que la marge positive qui restait s’est mise à rétrécir à un point effrayant. Il est donc possible que nous soyons finalement en déficit en fin d’année. Si cela arrivait, il faudrait supprimer des paies... En attendant cette perspective épatante, je me demande si je suis la seule fonkionnaire à prendre de tels risques et à me prendre pour Robin des bois. Je me demande si on me virera, car ma modeste paie de décembre avec toutes ses misérables primes ne suffirait pas à combler le découvert. Le cinq décembre je saurai si j'ai bien joué...ou pas.

Par arille - Publié dans : comprendre l'administrakion
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Samedi 31 octobre 2009


J'ai dû m'y reprendre à trois fois pour rendre cet animal ressemblant en pate fimo : le reconnaissez-vous ?
Par arille - Publié dans : TRUC ET TRICOTE
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Jeudi 29 octobre 2009

Le weekend dernier, la jolie amie de Lionel ne se sentait pas bien. Elle restait au lit avec de la fièvre. Nous avons évidemment pensé à la grippe. Heureusement qu'un médecin a diagnostiqué le vrai mal. la pauvrette est encore en clinique et soignée pour une infection au rein. Elle va mieux. Soyez bien attentifs aux vôtres, la grippe n'est pas la cause de tout.



Par arille - Publié dans : Education des parents
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Mercredi 28 octobre 2009

Au départ un petit trapèze de coton forme le fond de la robe. Le lichen est cousu en "barbe" devant, derrière et au bas de la robe. Plusieurs problèmes : le tissu est fin et un peu transparent, et pour sortir fin octobre, pas assez chaud. Alors je rajoute des manches de lapin blanc découpées dans un blouson déchiré et je rajoute du tissu rouge en laine. La robe est maintenant assez chaude, mais les couleurs font père Noël. La longueur est disgracieuse et les épaisseurs me font une taille de mémère. Alors je couds une troisième couche de tissu mordoré en biais (fausse soie) et comme cette fois elle est trop longue, je faufile à gros points et plisse le tissu pour le remonter en bouillons. Cela allège la robe. Pour la taille de mémère, je rajoute un lien de cordon rouge et la silhouette est complètement changée.

Si je devais la refaire, je ramasserais dix ou vingt fois plus de lichen et je l'appliquerais à gros points. Le lichen se coud très bien et fait un effet à la fois doux et poétique. En cousant cette robe, j'ai pu admirer des chenilles vertes se promener sur le lichen. J'ai donc eu la faune en plus de la flore !

Pour mon prochain rendez-vous avec Pierre Roger, je porterai une cotte de maille. Je m'exerce à "tricoter" du fil de fer...

Par arille - Publié dans : TRUC ET TRICOTE
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Mardi 27 octobre 2009

J’ai un peu perdu de vue mes amis de la décroissance. Ils faisaient de divins gâteaux de légumes avec des paniers auxquels ils étaient abonnés. Ils avaient du courage et assez de douceur pour être persuasifs. Quand j’allais chez eux, je vidais aux toilettes de l’eau de récupération.

 

Je les aimais bien. Certains de leurs projets me plaisaient, comme de faire du théâtre en public pour sensibiliser les passants à l’écologie. Ou les grands dons où chacun amène ce qu’il n’utilise plus. Je leur trouvais souvent des idées généreuses et sensées.

Parfois je les trouvais un peu trop sérieux. Si jeunes et déjà se posant mille questions, se contraignant à mille choses, comme de boire de la tisane de thym plutôt que du café qui vient de trop loin, en avion.

 

Ce jour-là, quand j’ai vu passer la jeune maman blonde qui tenait dans ses bras un tout petit bébé blond et que j’ai reconnu ma jeune amie, mon cœur a bondi de joie. Un grand plaisir s’est emparé de moi, me surprenant par sa force et son ampleur. Etait-ce dû à la grande harmonie que je sentais entre ces deux-là ? Etait-ce la joie de me rendre compte que malgré toutes les contraintes qu’ils s’imposaient et leur lucidité, ils avaient choisi de faire ce petit bout, considérant qu’au fond, la vie était possible dans ce monde.

Par arille - Publié dans : propos aimables
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Mardi 27 octobre 2009

Mon mari a un deuxième regard. Certains n’en ont même pas un premier. Je veux dire que c’est sa profession, deuxième regard. Mais il aurait pu faire aussi bien autre chose. Il aurait pu être acteur dans des westerns parce qu’il a de très beaux yeux bleus. Il aurait pu être horloger comme mon oncle. Il aurait alors chaussé sur son meilleur œil une loupe pour mieux voir les petits ressorts des montres. Il aurait pu être professeur, et il aurait menti comme mentent tous les professeurs quand ils disent qu’ils ont des yeux derrière la tête pour voir ceux qui parlent. Les élèves ne les croient pas mais ils se méfient quand même un peu.

 

Mon mari est appelé de loin pour son deuxième regard. Il prend l’avion, le train ou la voiture de fonction et il met la climatisation pour arriver l’œil frais. Il est sûrement bien accueilli. On lui offre un café. Enfin, là j’invente, je n’y suis pas, mais j’ai beaucoup d’idées, c’est tout comme. Donc il arrive. On le conduit au lieu. Il regarde et regarde. Il pose beaucoup de questions dont certaines n’ont apparemment rien à voir. Même quand il connaît la réponse il pose la question. Pourquoi fait-il cela, il faudrait le lui demander. Mais c’est lui qui pose les questions. Il regarde et regarde. A la maison tout ce théâtre exaspère. Pourquoi faut-il expliquer et expliquer les choses insignifiantes et ennuyeuses de notre vie domestique ? Mais au travail on le paie pour cela, et cher. Une fois qu’il a bien regardé et regardé, il quitte le lieu. Il écrira un rapport qu’il enverra. En couverture, il y aura marqué dessus son nom et aussi « Deuxième regard ». Et il en a qui vont pleurer, parce que s’ils ont mis des aciers de douze quand il en fallait des quinze, ils s’en souviendront.

 

Il y a des bons côtés au deuxième regard à la maison. Parfois on aime être regardé et être regardé encore. Surtout les jours où on se sent un peu triste pour on ne sait quelle raison.

Par arille - Publié dans : propos aimables
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Samedi 24 octobre 2009

Pierre Roger me jette un dernier regard avant de s'installer pour deux mois chez Béatrice. Nous avons fêté la Passation avec nos chers amis qui ont chacun amené un et pour certains, plusieurs cadeaux ! Pierre Roger a beaucoup reçu : de l'ambre, une carte de l'UMP avec un petit squelette dessiné au dos (?), l'oeil de la connaissance, un tube de rouge à lèvres, des étoiles dorées, une boussole, des poulpes, un bon pour un tout de manège. Trois textes ont été lus pour lui et tout un CD de musique a été composé. Il a même vu passer un jambon superbe qui lui a été montré de près et qui est reparti. J'oublie sûrement des cadeaux.

Des amis étaient aussi très présents dans nos coeurs, ceux qui travaillaient comme Lionel mais qui, étudiant les os du crâne, étaient un peu avec nous. Jean-Luc qui nous a fait une grande peur et qui n'a pas pu venir alors que son cadeau mystérieux et prometteur était fin prêt !

Ma robe de lichen d'Ariège a duré le temps de la cérémonie. Le lichen se coud très bien. Il se disperse un peu mais ses couleurs sont merveilleuses. J'ai tout juste le temps pour la prochaine fois de me faire une cotte de maille pour la Récupération de Pierre Roger qui aura lieu le 23 décembre, mais je vous en reparlerai.

La nuit qui a suivi, j'ai rêvé que j'avais une dizaines de chevaux dans ma grange. Ils se promenaient en groupe, hauts comme des chats. Est-ce Pierre Roger qui a rêvé dans ma tête, réclamant encore ses chers chevaux ? Les chevaux étaient-ils mes chers amis, rares et indomptables ? La Passation était parfaite. Et quand j'ai demandé à ma mère sur le chemin du retour si elle me croyait folle, elle m'a dit après une petite seconde de réflexion : "en tout cas, tu n'es pas seule".


 
L'homme armé veille.

Par arille - Publié dans : PIERRE ROGER
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Lundi 19 octobre 2009

Ce Vendredi 23 octobre 2009, Pierre Roger vous ouvre son crâne de 18h à 19 h pour vous permettre d'y déposer un petit trésor en l'honneur de son échange de damoiselle. L'échange se déroulera à Toulouse rue de l'homme armé sous la statue de l'homme armé.

Il passera d'arille à Béatrice et y gagnera certainement. Mais ce sera provisoire puisque deux mois plus tard, je le récupérerai pour lui faire vivre d'autres aventures d'amour et de joie. Je porterai pour l'occasion une robe de lichen d'Ariège. Tout le monde sera très beau, du moins à mes yeux.

Par arille - Publié dans : PIERRE ROGER
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Lundi 19 octobre 2009

Pierre Roger ne comprend pas les produits surgelés. Je l'ai donc emmené chez Picard Surgelés où on peut se rendre compte. Nous avons acheté des fèves et des petits pois écossés, des fonds d'artichaut, des petits pains au chocolat surgelés. Pierre Roger était ravi de toute cette froideur.

Mais le plus bizarre était à venir. Alors que nous sommes passés à la caisse, emmitouflés comme des esquimaux, le jeune caissier nous a dit joyeusement : "Vous êtes bien équipés, vous avez raison, les grands froids arrivent".

Quand un caissier de Picard Surgelés vous dit une phrase pareille, il faut bien la considérer. Il faut voir son expression hilare comme celle d'un gosse qui voit arriver Noël ! Il faut envisager que ce caissier travaille à Picard Surgelés parce qu'il aime le froid et tous les froids, même les grands, et donc qu'il s'y connaît. J'ai hoché la tête un peu troublée. Peut-être que j'ai dit brrrr. Il n'a rien ajouté le caissier. Une phrase pareille, c'était déjà beau.

Par arille - Publié dans : Propos engagés
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Lundi 19 octobre 2009

Avec un appareil photo et une lampe de poche, on peut occuper de longues soirées... Il suffit de régler l'appareil photo pour que la durée de l'exposition soit de 20 ou 30 secondes. Pendant ce temps, on s'active pour écrire, dessiner dans l'air avec une lampe. Voici quelques exemples ectoplasmiques...

Par arille - Publié dans : culture et confiture
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